Refuser la densification.

Refuser la densification.
La densification, un concept d’urbanisme qui a quelques années maintenant…

Il s’agit de peser de tout son volontarisme politique pour augmenter le nombre d’habitants au kilomètre carré dans une ville. C’est l’objectif d’un grand nombre d’élus. A la clef, nous dit-on, des transports en commun, un meilleur accès au service public, l'évitement du grignotage la campagne par des pavillons de banlieusards (l'étalement urbain, le contraire de la densification…) Un moyen pour cela : « Boucher la dent creuse » comme l'aurait dit Martiall Saddier, député-maire, au sujet de sa ville. Augmenter la surface habitable constructible par unité de surface de terrain, basculer des terres agricoles en terrains constructibles, séduire les promoteurs immobiliers… Le résultat : des clapiers, des immeubles partout.

Dans une logique mono-culturelle, il n'y a rien à redire à cela.

Une ville pour dormir, une autre pour travailler, une autre pour les loisirs et une autre pour faire les courses, l'agriculture tout comme les vacances relevant essentiellement d'un autre pays ! Le tout relié par des transports nombreux, rapide, fiable et souple, « la mobilité » dont on comprend alors pourquoi elle est sacro-sainte….

Mais à ce moment quelques rappels s'imposent.

Un baril de pétrole de 159 litres renferme autant d'énergie que ce qu'un humain en dégage en 1 an et demi. Une journée de travail = un mug (0,3L) (Réfléchissez aux volumes d'un plein d'essence… Seriez-vous prêts à le payer au prix du SMIC du « travailleur humain » ? Soit 6500€ environ… Vous comprenez alors pourquoi le « coût du travail humain » sera toujours trop élevé si on le compare aux énergie fossiles…) Dans ces conditions, utiliser un plein hebdomadaire pour se donner la possibilité de travailler pendant ces sept jours semble absurde. Mais imaginons qu'on fasse ce choix…

Deuxième rappel.

Nous consommons annuellement en combustibles carbonés fossiles ce que le système terrestre a mis 1 million d'années à produire. À ce rythme (qui est, pour la première fois hors crise, resté stable entre 2013 et 2014), les réserves en pétrole conventionnel sont estimables à environ 36 ans plus ou  moins 3... Par ailleurs, si nous relarguons dans l'atmosphère le carbone correspondant, les résultats en sont inconnus mais on peut s'en faire une idée (noire).

Alors dans l'idée d'avoir un mode de vie pouvant se maintenir indéfiniment...

Bétonner les sols, obliger le transport, éloigner les champs, ôter aux habitants le moyen de potentiellement s'alimenter est une bombe à retardement. Heureusement, la permaculture répond aux contraintes par la créativité. Mais les résultats de cette créativité demande du temps pour être déployés. Installer un système bio intensif ne se fait pas en un an ou deux. Le meilleur moment pour planter un arbre, c'était il y a 30 ans. Pour dans 30 ans c'est maintenant… Or la raison d'être de l'urbanisme c'est de voir loin. Avec ceux qui prônent la densification, on peut déjà révoquer quelques incompétents irréalistes...