Le contraire de la liberté...

Le contraire de la liberté...
...c'est l'opposé de la charité.

Si on vous demande quel est le contraire de la liberté, que répondez-vous ? L'emprisonnement ? La contrainte ? L'empêchement ? C'est bien une des réussites de la « com’ » des libéraux : Ils ont érigé une valeur suprême contre laquelle on ne peut pas être…

Mais on m’a appris que ma liberté s'arrête là où commence celle des autres. Vouloir une liberté absolue, c'est donc restreindre celle de quelqu'un d'autre… D’un seul coup, ça parait moins reluisant…

Alors disons que les choses ont été présentées d’une manière qui arrangeait bien… Comme si le contraire de la liberté, c'était la prison. D'ailleurs, ne parle-t-on pas de ces dernières comme étant des « lieux de privation de liberté » … ? (Il serait utile de savoir qui a introduit cette expression dans notre langage …)

Mais, en mécanique, le contraire d'une  pièce libre  n'est pas une pièce prisonnière, non, on parle de pièce solidaire d'une autre… Le contraire de la liberté, c’est donc la solidarité. Une valeur dont bien des partis de droite ne se privent  pas non plus de se réclamer. Cela peut sembler paradoxal mais ce paradoxe trouve sa résolution dans la définition qu'ont ces gens de la « solidarité ».

Derrière ce mot se cache, en fait, tout autre chose : la charité. Le dictionnaire Hachette indique que la charité est à rapprocher de la bonté, de l'indulgence ; que faire acte de charité, c'est faire acte de bonté ou de générosité envers autrui. Alors que la solidarité implique pour chacune des parties la responsabilité totale d'un engagement commun. Quand on le dit de personnes, c’est qu’elles sont liées entre elles par une dépendance mutuelle d'intérêts. On comprend bien que si la charité relève du facultatif et de la liberté individuelle, la solidarité réduit  immanquablement cette liberté puisqu'elle induit une co-dépendance. La charité se fait au bon vouloir, la solidarité est un engagement, envers l’autre. La charité c’est « Moi d’abord, toi peut-être ». La solidarité, c’est « tous les 2».

Ainsi, par exemple, les sites de crowfunding, type Ulule ou KissKissBankBank, qui se réclament de la solidarité, sont en fait des sites organisant la charité (et la ponctionnant au passage de 8%... Il y a un business modèle à tenir, un bénéfice à assurer et une hégémonie à installer...). Le « financeur » donne son obole, il obtient sa contrepartie (est-ce encore une obole alors ? Ou est-ce un achat… ? ). Il peut ensuite se désintéresser du projet. Si celui-ci n’éclot pas, ou a besoin d’une aide supplémentaire, le « financeur » ne risque rien de plus. Pas vraiment la définition de l’engagement, qui, lui, inclut la notion de risque assumé. C’est beaucoup plus le cas des « Prêts de chez vous » de la NEF, qui, si l’emprunteur ne peut rembourser son prêt, voit le bailleur-cautionneur risquer de ne pas retrouver sa mise…

Alors, certes, de la charité travestie en solidarité vaut mieux que pas de charité ni de solidarité  mais entretenir la confusion relève de la manipulation et du détournement de sens. Parce que si la solidarité désigne la charité, alors il n'y a plus rien pour parler de la « vraie » solidarité. Au pays de « l’Economie Sociale et Solidaire », il serait utile de s’en rappeler et de séparer le bon grain de l’Ivraie. Car si le proverbe arabe « Qui veut aller vite marche seul. Qui veut aller loin marche à plusieurs. » dit vrai, excusez-moi mais je veux aller loin dans la vie…